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Récit d'une vie, de ma vie.

www.violsurmineur.fr

25 Juillet 2015, 22:09pm

Publié par Charlie

Le silence des églises

Le silence des églises

J'ai découvert un blog très interéssant sur le sujet du viol. Il explique toute les étapes psychologique d'un viol pour nous permettre de comprendre ce qui nous arrive. J'étais moi même étonnée de voir à quel point ce qui est décrit m'est arrivé, je ne pensait pas qu'on pouvait en faire une généralité. Mais j'ai donc appris que c'est pareil pour beaucoup de traumatisme.

Je vais vous prendre des citations, paragraphes de ce blog afin de les commenter ensuite.

 

"Contrairement aux idées reçues, 80 % des viols sont commis par un proche. Les premières victimes ne sont pas des adultes, mais des enfants et des adolescents qui sont plus vulnérables et ne se défendent pas. Ils n’ont pas toujours conscience qu’il s’agisse d’un viol mais se sentent coupables et honteux, c'est pourquoi ils se taisent et ne portent pas plainte (seulement 10% des victimes portent plainte.)"

Pour moi Kyle était un proche, dans le sens où je le connaissais déjà depuis 1 an. Je n'ai pas porté plainte et je ne compte pas le faire. Il y a eu aussi un peu Juliano qui m'a fait quelque chose, mais bon je ne vous en ai pas encore parlé de lui. 

" Dans l'inconscient collectif, le viol c'est un parking sombre, un inconnu violent et menaçant et non pas un proche, dans le confort d'un foyer chaleureux. Pourtant, 80 % des viols sont commis par un membre de l'entourage, quelque soit le milieu socio-professionnel. La violence n'est pas nécessaire pour que les faits soient qualifiés de viol ou d'agression sexuelle, elle est même rarement utilisée. La plupart du temps le violeur agit par surprise, ruse, chantage, menace verbale, emprise, manipulation ou contrainte. Ce décalage entre mythe et réalité fait que la victime n'a pas toujours conscience qu'il s'agisse d'un viol. " 

C'est peut-être aussi pour ça que jamais je n'ai pensé à porter plainte contre eux. Car la situation fait que ça peut paraître ambigüe à expliquer, comme il n'y a pas eu de violence et que je connaissais ces personnes et avais des relations sexuels avec eux déjà auparavant. Pour Kyle on peut dire qu'il a agit par manipulation, emprise, jouer avec mes sentiments. Comme je supportes pas de ne pas être aimer ou d'être rejeter, je supporte pas qu'on me dise que je suis méchante. Et forcément il me disait que j'étais méchante et horrible de lui dire Non. J'avais l'impression qu'il souffrait que je refuse, et j'avais peur quand je le voyais passer de la souffrance à la colère en une fraction de secondes. 

Pour Juliano, alors lui c'est clair il agissait par surprise. Je peux pas vous l'expliquer tout de suite car sinon vous n'auriez pas le contexte qui va avec. 

 

"Les viols commis avec violence par de dangereux psychopathes font moins de dégâts psychologiques, dans la mesure où l’agression ne fait aucun doute et les rôles de victime et d’agresseur sont clairement définis. Au contraire, les viols commis par des proches pervers-manipulateurs, sans violence, sont particulièrement destructeurs, car la réalité devient confuse et contradictoire dans l'esprit de la victime et la culpabilité d'autant plus grande. Le pervers va mettre en place toute une technique de séduction et de manipulation, il va se montrer gentil et faire croire à sa proie que c’est par amour, pour l’initier, pour son bien ou lui faire du chantage affectif et la rendre ainsi complice de ses actes. Les viols sont ainsi quasiment indétectables dans la tête de la jeune et crédule victime et conduisent mécaniquement au déni. Le déni c'est un mécanisme de survit qui consiste en ne pas vouloir croire en l'évidence, déformer, enjoliver la réalité afin de la rendre vivable (croire par exemple en une histoire d'amour plutôt qu'en des viols)."

La culpabilité que je ressentais était horrible, je me disais que c'était de ma faute d'être venue lui rendre visite ce jour là comme une fleur, puis de m'être installer dans son lit pour me reposer, puis d'avoir été en sous vêtement car depuis toujours c'est interdit dans son lit de porter des vêtements car c'est sale, ils ont touchés le métro, puis d'avoir donné une excuse pourri pour pas dire que j'avais tout simplement plus envie de LUI. J'avais dit à la place que c'est parce que je voulais pas prendre encore des risques en le faisant sans capote. Mais il savait que je voulais pas, il a juste entendu que ce qu'il a voulu entenre , pour bien me les recrachers par sms plus tard pour me dire que j'étais coupable. 

Ainsi il m'a fait du chantage affectif, ce blog aide à mettre des mots sur les actes. J'avais déjà lu d'autre site sur le sujet qui disaient les mêmes choses en moins bien. 

"La victime ne réagit pas et ne se défend pas pendant un viol. Pourquoi cette absence de réaction ? D'une part car il y a eu tout un travail de manipulation effectué en amont, mais aussi car le viol crée un état de choc : le cœur se met à battre très vite, si vite que le cerveau, incapable de gérer tant de stress "débranche," il crée un court circuit dans ta tête et cela fait comme si la victime n'était plus là. Cet état est bien connu des médecins et psychologues : c'est l'état de sidération. La victime n'a plus de sensation et forcément plus aucune réaction. Elle a alors un sentiment d'irréalité et devient comme spectatrice (en psychologie cet état s'appelle la dissociation). La sidération est un blocage total qui protège de la souffrance en la distanciant et en la bloquant. Voilà pourquoi il est impossible de réagir, mais cette absence de réaction ne doit en aucun cas être assimilée à un consentement. Plus tard en y repensant, la victime "oubli" cet état de sidération, elle ne retient que cette détestable sensation de s'être laissé faire et de fait, se sent complice, ce qui crée un sentiment de culpabilité et d’incompréhension."

Grâce aux recherches que j'ai faîte sur internet depuis le temps j'ai pu comprendre cette histoire de sidération. Avant ça , je ne savais pas et je ne comprenais pas pourquoi je ne me souvenais pas de tout exactement. Mais bon la mémoire me revenait bien plus facilement en cauchemar la nuit de toute façon. 

Avec Kyle j'étais allongée sur le dos, il est venu en moi , je lui ai dis quelque fois d'arrêter, il était très clair que c'était seulement pour lui qu'on faisait ça et pas pour mon plaisir à moi. Mais ça ne servait à rien il n'allait pas arrêter avant d'avoir jouit, alors il me restait juste à attendre inerte que ça soit terminer. Il n'allait pas se décoller de moi tant qu'il n'aurait pas fini. J'avais l'habitude de cette attitude qu'il avait, de me faire attendre qu'il ait fini malgré que j'avais mal au ventre souvent à chaque coup profond, mais ce jour là c'était pire pour moi , je sais pas pourquoi. Peut-être que je n'avais plus besoin de lui pour ne pas être seule. Tandis qu'avant je trouvais l'échange équitable, compagni/ami  contre mon corps ? Je commence à me poser beaucoup de questions là... ah la la 

 

Avec Juliano, l'état de sidération est arrivé tout de suite en 1 seconde. J'ai pas eu le temps de réfléchir ou quoi , mon cerveau s'est éteint directement au moment où il m'a pénétré. Il a remarqué au bout de 5 minutes que j'avais l'air d'un cadavre (et c'était pas amusant ? ) et a arrêté. 

 

"L'apaisement de l'angoisse est trouvé dans l'identification à l'agresseur : on se positionne sur un pied d'égalité avec l'agresseur en se mettant dans son camp et ainsi on quitte le statut de victime."

Ah ben j'ai jamais été apaisé de mes angoisses alors , je suis pas dans leur camp.

" Il se sert de notre malléabilité, notre crédulité d'enfant ou d'adolescent pour nous faire croire n'importe quoi et ainsi faire de nous son objet sexuel. On se retrouve alors tiraillé par des sentiments contraires qui nous dépassent : d'un côté, on voudrait que les actes sexuels cessent mais de l'autre, on a terriblement peur de le dénoncer ; peur de ne pas être cru ou pire encore, d'être rendu responsable de cette situation, d'autant qu'après, on devient rebelle, asocial, on se met à faire n'importe quoi et face à notre respectable violeur, on a peur d'avoir perdu toute crédibilité. Et surtout, on se dit que si on parle, on risque de faire éclater la famille, provoquer un divorce, pire encore, le faire aller en prison "par notre faute" et ainsi de victime on deviendrait bourreau !"

Je me suis mise à faire n'importe quoi , à aimer de plus en plus le sexe et la violence. Je prends du plaisir lorsqu'on m'étrangle fort pendant l'acte, lorsqu'on est un peu méchant avec moi pendant, violent , lorsqu'on m'insulte. Mais bon peut-être que ça n'a rien à voir ?  

Je me rappelle que je pensais pas à l'envoyer en prison , car il venait de finir ses études (jusqu'à 26 ans il a étudié ) , et que je lui gâcherai toutes ses années qu'il a étudié pour rien si je faisais ça. Je me rendais pas compte que lui ... il a gaché ma vie pour toujours. Jamais je pourrais oublié comme ça avec le temps, même si ça s'atténue c'est toujours en travers de la gorge. 

Tandis que lui il est persuadé que j'exagère et que ça passe au bout d'un petit moment, comme un évenement tout con et pas traumatisant. Il se rend pas compte de ce que c'est de vivre avec ça. 

"Le viol n'est pas uniquement un rapport sexuel non consenti, c'est surtout un broyeur psychologique qui détruit tout sur son passage : l'insouciance, la joie de vivre, les rêves et même la personnalité. Beaucoup de gens minimisent la gravité du viol, or rappelons qu'il s'agit d'un crime d'un point de vue judiciaire, qui peut parfois conduire au suicide." 

Beaucoup de gens ne sont pas au courant de ce que ça provoque mentalement au long terme. 

"Cela aura pour conséquence de faire revivre à la victime encore et encore le calvaire de son viol, soit sous forme de flash-back, soit en revivant uniquement le sentiment d’extrême angoisse éprouvé à ce moment là, suivit de l'état de dissociation, sans pour autant rattacher cette sensation au viol. C'est le stress post-traumatique qui a des répercussions psychologiques très graves et peut entraîner un ou plusieurs des symptômes suivants : repli sur soi pouvant aller jusqu'au mutisme, sentiment d’extrême angoisse, spasmophilie, dépression, sentiment d'irréalité (dissociation), troubles du comportement, comportement violent et agressif envers les autres ou envers soi même pouvant aller jusqu'à l'automutilation ou la tentative de suicide, comportement dangereux, 

J'ai eu beaucoup de crise d'angoisse , ventilation , quand j'y repensais. Maintenant ça va beaucoup mieux, grâce à mon chéri Flynn qui gère très bien. Concernant le sentiment d'irréalité, peut-être que cela explique que je n'avais plus peur de rien , plus peur de la mort, de la prise de risque, je pouvais me rendre chez un inconnu comme ça sans prévenir personne car toute façon j'étais comme invincible. 

Pour les comportements violents envers les autres , je crois que j'ai toujours aimée mettre des petits coups aux mecs (on frappe pas les filles :) !! ). Puis j'ai commencé à expérimenter plus la chose en frappant plus fort un mec, en lui mettant des grosses claques dans sa tête, puis des petits coups de poings au visage (je voulais pas être accusée de meurtre non plus) puis de jeux sanguins... Je vous rassure il était consentant. 

Concernant moi même , je suis assez sensible aux petites douleurs (+ qu'aux grosses, c'est étrange), alors je ne faisais pas grand chose. Je me grattais jusqu'au sang les poignets pour que mon cerveau se concentre sur la douleur plutot que sur des pensés tristes. C'était pas très efficace comme technique. La technique la plus efficace pour penser à autre chose était de sortir voir des gens, et les seuls gens que je pouvais voir facilement sur commande était sur internet donc j'allais voir des mecs. Je faisais du mal à mon propre corps de cette façon, en l'utilisant comme passe temps pour m'occuper. Toute façon il n'avait déjà plus aucune valeur. 

ça me fait mal d'écrire ça , je suis sensible j'ai déjà les larmes qui montent. Me voir écrire des choses rabaissantes... 

 

" Il est parfaitement possible d'avoir une vie sexuelle épanoui après un viol car il n'y a aucune comparaison possible entre une étreinte amoureuse, qui est un acte d'amour, d'échange sensuel plein de respect et de tendresse, avec un viol qui est tout le contraire, c'est-à-dire un acte de violence ou d'abus de pouvoir visant à renier totalement la personnalité de l'autre pour l’assujettir à ses propres désirs. Cela serait comme vouloir comparer l'offrande d'un cadeau avec un vol ou un cambriolage ! Pour le pervers, l'autre n'est pas un individu pensant et ressentant, c'est un simple objet consommable et jetable, qu'il peut s'approprier comme bon lui semble. Après un viol, la victime se sent terriblement sale, or une étreinte librement consentie ne provoque jamais cette détestable sensation."

C'est bon à savoir. 

"Cependant, il est possible de passer par une période difficile, parfois juste après le viol, parfois des années plus tard, ce qui rend le lien moins évident. Il est possible d'avoir des flash-back en plein milieu de l'acte, ce qui empêche de poursuivre, mais d'autre fois, c'est le corps qui parle et là le lien est très difficile à faire, surtout si cela survient des années après. Ainsi, il est possible que le vagin se contracte au point de se verrouiller totalement ou partiellement malgré le désir, ce qui rend un acte sexuel absolument impossible. C'est le vaginisme, qui est extrêmement douloureux et dont l'origine est dans ce cas, liée au traumatisme du viol. "

Je me reconnais totalement dans ce paragraphe. J'ai eu souvent des flash-backs surtout au début, puis même après mais depuis plusieurs mois ça va mieux grâce encore à Flynn qui ne me mettait pas la pression quand je pouvais pas continuer l'acte. 

J'ai eu des problèmes de vagins j'ai remarquée (je me souviens plus de quand exactement), je mouillais pas du tout, c'était trop serrée et j'avais mal , des irritations horribles les 3 jours suivants un rapport. Obligé tout le temps d'utiliser des lubrifiants. Je suis tellement soulagée d'être guérie en ce moment avec Flynn depuis quelques mois. La pire période c'était les 2 mois avec Juliano, j'avais des irritations très fortes , ça brulait vraiment (ça piquait beaucoup) à chaque fois que quelque chose touchait mon vagin, mais en plus il voulait faire des trucs tous les jours alors j'avais jamais le temps de guérir un peu qu'il m'irritait déjà de nouveau. 

"Plus rarement, certaines personnes ont des troubles du comportement sexuel (homosexualité ou hypersexualité pouvant aller jusqu'à la prostitution) car leur corps a été renié, humilié, en "libre service" et ces victimes n'arrivent plus à se le réapproprier."

Ce passage me touche, je me reconnait que trop... et j'en ai honte. Mon corps et ma vie n'ayant plus aucune valeur, alors oui la prostitution...je me disais que j'avais rien à y perdre. Je vous le raconterai en détail dans un autre article. 

"Enfin, il est important de dire à son amoureux qu'on a été été violée pour deux raisons : la première est qu'on peut avoir des réactions bizarres, des mouvements de rejet qu'il peut mal interpréter s'il n'est pas informé. La seconde, la plus importante, est qu'il doit tenir compte de ce traumatisme en évitant tout geste brusque ou en voulant être trop pressé. Les préliminaires, s'ils sont importants de manière générale, surtout pour une femme, deviennent indispensables et incontournables pour une personne violée. Le partenaire doit être très à l'écoute du corps de l'autre: s'il sent une soudaine crispation, c'est qu'il a loupé une étape, il doit donc faire marche arrière et ne surtout pas insister."

Alors là oui j'en ai eu des réactions de ce type. Parfois je me mettais à pleurer en pleins milieu de l'acte. Puis j'étais soudain terrorisé par lui alors qu'il avait rien fait de mal. Je le regardais avec un regard comme s'il était un meurtrier. J'avais l'air completement bouleversé, je hurlais limite dès qu'il tentait de me retouché avec sa main sur mon épaule. Je pleurais comme un bébé. Donc oui je le rejetais souvent au début. Crises de larme et de folies. Des fois il comprenait pas et ça l'inquiétait, j'avais l'air d'une folle. Après il restait loin de moi, il me proposait qu'il aille dormir sur le canapé. Mais je voulais qu'il reste, je l'aimais lui, c'est juste de l'homme en général que j'avais peur. Mais bon ça fini toujours par passer une crise comme ça. Mon amoureux heureusement qu'il a été là. 

Des fois il me faisait pas trop de préliminaire, yavait juste moi qui lui en faisait. Mais bon ça va j'arrive maintenant à lui dire quand je veux qu'il fasse quoi etc , quand je veux qu'il m'embrasse partout... La communication c'est important ^^ les hommes ont du mal a comprendre le second degré chez la femme, il faut dire les choses clairements quand on veut quelque chose. 

 

Sur le blog ils parlaient un peu d'un film " Le Silence des églises ". Je ne connaissais pas, du coup je l'ai regardé. ça m'a beaucoup touché, vous devriez le voir, c'est l'histoire d'un collégien qui se fait violer par un prêtre. On y voit beaucoup la manipulation de l'homme sur l'enfant. Puis on voit aussi ce que ressent l'enfant , puis cet enfant une fois devenu adulte, toujours hanté par son passé traumatique. 

 

 

 

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